LA BARRIÈRE DE SAINT GILLES

Carrousel de véhicules
véhéments à moteur, de
serpents jaunes sur rails
parallèles, se frayant
un passage sous les caténaires
centenaires, identiques,
jusqu’à la Basilique.

La porteuse d’eau a remplacé
le moulin à paroles.
Il n’y a plus de barrière non plus.
Juste un brassage de cultures
multilingues, exotiques, multiformes.

Un traffic urbain inintérrompu.
Sur son flan, un grand
immeuble 1900, élegant,
surplombant la place circulaire,
tel un cirque en plein air...

Dimanche matin, le marchand
de glaces et sa petite musique
sous des rayons de Soleil
atypiques venus de Centre-Afrique.
Vendeurs de cartes téléphonique
en tout genre et cabines pour
des appels longues distances.
Il te faudra de la patiente.

Bonnets de bains, architecture
art-déco, la piscine Victor Boin
a retrouvé ses charmes et
ses bons échos,
des parents baba et leur bambino.

Ding ding, les trams se
surmènent, les landeaux
se démènent, les passants
se promènent, absorbés dans
leurs pensées, des sans-dents
descendant vers le Parvis,
jusqu’au marché,
jusqu’aux Paradis,
artificiels
de la Gare du Midi.

La barrière de Saint Gilles
est notre horloge.
Des paravents chinois et des cafés
pourris ne lui rendent pas grâce.
 
Juste à côté de la friterie,
où se rassemblent les frateries,
avant de s’enfoncer
dans l’ennui
des dealers de la nuit.

                                A.R.