IKEBUKURO

Galeries souterraines, ses
fourmis, ses mafieux et ses
reines,
ses magasins en pagaille,
ses trains bondés, ses métros
bondages, ligotés, trop polis,
polissons, politains,
miroir sans tain,
visages fatigués du boulot,
du train-train, Ô Seigneur,
donne-nous notre peine
quotidienne ! Il y a même un
tram, du côté est, jamais en
panne de courant, jamais en
reste, jamais en retard ?
Cela dépend...

Qu’est-ce qui se trame derrière
ses bâtiments de ciment,
derrière ces cimetières lents
et accueillants, à l’arrière
de petits temples de pierre
(revolver sur la tempe)
Petits oasis de verdure en
bordure de la ville et de son
vacarme... Lieu de recueillement
dont tu ignores le charme.

Attablé au café Velloccé,
donnant sur une rue branchée
au courant 110 volts. Face à
tes responsabilités, tu sembles
faire volte-face, au dernier
moment, lorsque tu perds la face.
aux jeux clandestins, aux jeux
d’argent. Des salles de paris
truqués, de machines trafiquées.
L’électronique t’a niqué,
pauvre Spoutnik, toi et
ta clique, quand aurez-vous le
déclic ?
(Si ta mère te voyait).

Regarde-toi pauvre farce
inadéquate, évitant de justesse
que tu te ramasses ...
Tu perds la boule,
en tentant de sauver ta peau
rugueuse et flasque, menant une
vie inefficace, tu te
fracasses la gueule parterre,
imbibé d’alcool et de pilules
molles.

Du billard au corbillard,
ça se veut drôle, dans son jeu
de rôle, depuis quand traines-tu
ces grosses casseroles ?
Rimes faciles et grosses ficelles
tu ne trompes plus personne
depuis longtemps...
Qui a t-il donc dans
ta cervelle, pour te vautrer
dans ta petite S.

Pile tu gagnes, face tu
perds, au jeu des bipolaires
anxieux et solitaires.
Jeu vidéo en réseau, niveau zéro,
ni vu ni connu, tu reviens à la
surface, comme un voleur tu
reprends ta place dans l’inter-
face...

Dans le grand jeu des rues
sombres, des boulevards et des
places mal fréquentées, des lieux
dangereux, sales et souillés, par
des hôtels de passe et des
bouibouis dégueulasses,tripots
clandestins, des entre-
pot-de-vins malsains.
Tu traines ta veille carcasse
sur les trottoirs de
Cyber-Ikébukuro, en direction
des sous-sols de seconde classe.
Un jour, c’est sûr, tu boiras
la tasse.
 Façon de parler. 

                                      A.R.