MEJIRO

Par la fenêtre
du café
Par de-là la vitre embuée
Tu pars, sans te retourner.

Voyageur anonyme, c’est
la raison qui t’anime...

japonaise, cyberpunkette revient
en cachette du Comiquette...
Head-phone jôshi (*), en cat.mini,
sous l’arrêt de bus.

La nuit du boulevard te berce.
La pluie du soir te bouleverse,
Musique hypnotique,
haut dolby, sous l’averse...

Tes écouteurs sans fil,
Walkman Sony,
auto-reverse.

La vie vers nulle part
me satisfait...
L’amour pour toi me transporte
hors du temps,
hors des champs
habités.

Quelque part dans
l’Universe,
point invisible dans
la voie lactée.

Le nectar (plus ultra)
du breuvage me disperse.
Le nuage de lait se noie
dans le noir.
Le paysage du coeur,
le résultat du leurre.

Cela revient au même :
Un cinéma muet, en couleurs.
Pâles, Ô visage de Néfertiti,
coiffée d’un bonnet assorti, vêtue
d’une longue jupe en treillis...
Voilà. C’est déjà fini.

                                     A.R.

(*) Head-phone jôshi = fille avec casque audio